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La bibliothèque de demain, un espace culturel avant tout !

Nouvelles missions, établissements toujours plus ouverts… La mutation des bibliothèques est en marche ! Mais, à l’heure du numérique, cet espace de savoirs et de partage des connaissances reste un pilier culturel avant tout.

Une place prépondérante dans la culture aujourd'hui


Si elle est un lieu de rencontres et d’échanges, la
bibliothèque est aussi et avant tout un espace de
découverte sur le territoire. Ainsi, en 2018, Erik
Orsenna, de l’Académie française, et Noël Corbin,
inspecteur général des affaires culturelles, notaient
dans le rapport “Voyage aux pays des bibliothèques
- Lire aujourd’hui, lire demain”, que 27 millions de
Français s’étaient rendus dans une bibliothèque en
2016 (soit 40 % de la population totale). À titre
comparatif, Netflix comptait alors “seulement”
1,4 million d’abonnés en France, et Canal+ 5,25
millions, soit bien moins que les bibliothèques.
Les bibliothèques aussi ont dû et su s’adapter aux
évolutions de la société (pour preuve le taux de
fréquentation n’a cessé d’augmenter depuis 2005),
les obligeant à proposer de nouveaux services en
adéquation avec les attentes des visiteurs. Pour ces
lieux chargés d’histoire(s), plus question désormais
de se contenter de partager divers ouvrages et la
presse : l’offre culturelle de la bibliothèque de demain
doit avant tout être élargie et les usages réinventés.

Une place à part dans la politique de la ville

Qualifiée de “nouveau forum au coeur des territoires”
par l’ex Ministère de la Culture, Françoise Nyssen,
la bibliothèque s’affirme comme un enjeu politique
majeur, et en particulier dans les communes de
petite taille. Elle est d’ailleurs au coeur du projet
de lutte contre les inégalités d’accès à la culture
porté par le gouvernement d’Emmanuel Macron
depuis 2018. Paradoxalement, les territoires tendent
pourtant à réduire toujours plus les budgets alloués
aux bibliothèques. Elles représentent toutefois deux
enjeux de taille : territorial, tout d’abord, et civique,
ensuite. Reposant sur ces deux piliers, la trajectoire
de ces établissements tend plus que jamais sur la
pédagogie et l’éducation des habitants du secteur
géographique et des visiteurs. Les bibliothèques
pourront s’appuyer, pour cela, sur les nombreux
équipements mis à leur disposition et auxquels les
populations les plus défavorisées n’ont pas toujours
accès : livres, presse et autres documents, bien
sûr, mais également ordinateurs, imprimantes 3D,
laboratoires de recherche, bureaux, espaces de travail ou de réunion, connaissances des professionnels sur place, etc.

Des événements au service de la médiation culturelle


Ces équipements ne sont pas les seuls
leviers à actionner pour assurer le dynamisme de
la bibliothèque de demain. En sa qualité de lieu
culturel, elle pourra plus que jamais s’appuyer
sur l’organisation d’événements de toutes sortes
visant, là encore, à faciliter l’accès à la culture. Ces
animations culturelles ont l’avantage de fidéliser
les usagers, d’attirer de nouveaux publics, de
promouvoir les oeuvres dont dispose l’établissement
et de donner une image dynamique de celui-ci.
Bien conscients de ces avantages, une douzaine de
lieux se sont ainsi rassemblés au sein du réseau
des médiathèques de Saint-Quentin-en-Yvelines
(78), formant une e-médiathèque complète dont la
valorisation des services et collections repose sur la
solution Syracuse développée par Archimed. Dans
une logique d’animation régulière, un agenda global
recense l’ensemble des événements organisés par le
réseau, et chaque médiathèque dispose également
de son propre agenda. Grâce à ce dispositif, elles peuvent toutes promouvoir leurs manifestations et assurer le dynamisme de leur établissement. L’organisation d’événements est également l’occasion de souder les équipes autour d’un projet commun motivant qui pourra prendre de multiples formes : un événement phygital, une visite virtuelle d’une exposition ou une rencontre à distance avec un auteur ou illustrateur (voire des interactions en direct sur les réseaux sociaux, comme des sessions de questions-réponses), des ateliers (d’écriture, créatifs ou instructifs), la création d’oeuvres collectives (y compris à distance, grâce à des outils de partage sur Internet par exemple).

Un parcours toujours plus digitalisé


Le digital sera, de même, un soutien important au
développement des bibliothèques. À l’heure du
numérique, les usages à réinventer ne manquent pas,
à commencer par l’un des plus simples : l’emprunt
de documents. Si auparavant il était nécessaire de
se déplacer pour retirer un livre, par exemple, il est
facile d’imaginer que le parcours des usagers sera
très différent dans la bibliothèque de demain. Il se
fera essentiellement en ligne ou depuis une app
mobile avec en point central “l’espace abonné”. Loin
de se cantonner à renseigner sur la disponibilité
d’un ouvrage ou de permettre sa réservation à
distance, l’espace abonné pourront ainsi offrir une
expérience utilisateur à part entière. En retravaillant
son ergonomie et en soignant l’UX, il pourra proposer
de nouvelles fonctionnalités : constitution simple et rapide de paniers d’ouvrages, supports de musique
ou de jeux vidéo à réserver, intégration d’informations
claires sur la disponibilité, liste de lecture d’ouvrages
numériques, liste de souhaits ou d’idées de lecture,
etc. Ce nouveau parcours digital pose cependant des
questions quant au rôle des professionnels présents
sur place.

Quelle place pour les bibliothècaires ?


Les bibliothécaires n’ont pourtant pas vocation à
disparaître ; bien au contraire, leur rôle est appelé à
évoluer. Là encore, Syracuse propose d’apporter une
véritable valeur ajoutée à cette profession. Grâce
à son nouveau module de veille et d’acquisition, la
plateforme permet de gérer une véritable politique
documentaire suivie, à l’aide d’outils de simulation
et d’analyse du fonds et des pratiques des usagers.
L’objectif étant de coller au mieux à la demande, tout
en ayant la possibilité de « tester » des contenus
plus confidentiels. Dans ce sens, les bibliothécaires
deviendront de véritables assistants culturels,
avec une forte valeur ajoutée pour les usagers.
La bibliothèque de demain verra ainsi la mise en
place d’un guichet des savoirs, où il sera possible
de questionner, à distance, les bibliothécaires, qui
pourront alors apporter des réponses approfondies,
suggérer des oeuvres en rapport avec celles qui
intéressent leurs interlocuteurs, ou encore partager
des informations relatives aux documents, aux
auteurs, etc.

Vers une nouvelle façon de collaborer ensemble...


Autant de casquettes qui demanderont beaucoup
de souplesse de la part des bibliothécaires, mais qui
traduisent bien les nombreuses attentes, notamment
des décideurs, vis-à-vis de la bibliothèque de demain.
Elle devra tout à la fois délivrer les informations
nécessaires aux usagers (sous n’importe quelle
forme), proposer un large choix de services, garantir
un accès aux nouvelles technologies, et, bien entendu,
lutter contre la fracture numérique. Des d’objectifs
ambitieux, qui nécessiteront une forte implication des
bibliothécaires qui auront tout intérêt à se réunir pour
mutualiser leurs ressources.

...au service d'une bibliothèque all inclusive


Selon Michael Ravedoni, de la Haute école de gestion
de Genève, la bibliothèque de demain ne pourra voir
le jour qu’en se basant sur l’implication de l’ensemble
de ses membres, aussi bien les bibliothécaires que
les usagers. Cette condition indispensable mènera
à coup sûr à l’émergence d’un nouveau type de
bibliothèque, désormais véritable hub consacré au
partage d’informations, aux échanges et à la création.
Ces espaces, avant tout dédiés à la culture, pourront
ainsi proposer de nouvelles expériences, aussi bien
réelles que physiques, dans le seul but de partager
la culture au plus grand nombre. “La bibliothèque
agirait donc comme un facilitateur entre créateurs
et utilisateurs de culture. Puis, comme un catalyseur
ayant l’infrastructure et l’expertise nécessaires pour
capitaliser et pérenniser cette culture”, écrit Michael
Ravedoni dans son Travail de bachelor, La bibliothèque
plateforme : espace dédié à la création, au partage et
à la diffusion de culture - exemple par la création d’un
makerspace.

Bien que résolument tournée vers la culture, la
bibliothèque de demain, à travers les nouveaux usages
qu’elle proposera, devra paradoxalement revenir aux
sources et s’imposer comme une agora, où la dimension sociale occupe une place prédominante.

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Écrit par Paul-Loup Dupuis